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Présentation

Témoignage d’un cheminement philosophique personnel de l’Orient à l’Extrême-Orient, la démarche picturale de Benedetta Segala s’inscrit dans une quête vers l’abstraction.
Une quête qu'elle incarne dans le dialogue intime qu’elle entretient avec la couleur depuis son plus jeune âge et qui joue sur les tonalités et les textures.

Vive, pleine, envahissante, la couleur est son langage pictural, l’huile, son expression privilégiée – même si elle se donne la liberté d’utiliser du sable, de la terre, du bitume pour créer de la texture, de la matière à abstraire.

Le temps constitue la clé de voûte de son œuvre. Sa peinture est le fruit d’un travail entrepris sur elle-même, sur son histoire, cherchant à happer l’équilibre du moment… Souvent évanescent...

L’équilibre entre la matière et le fluide, l’insaisissable et le charnel, l’être et l’émotion, le réel et l’imaginaire donne une intrigante alchimie dont le mystère opère instantanément chez les témoins et éveille chacun d’eux, chacun de nous, à la naissance d’un imaginaire qui, désormais… ne lui appartient plus.

Linda Be Diaf 2012

 


 

 

Exposition de Benedetta Ségala et Mohd Shafarin Ghani.

 


Il existe des moments que l'on n'oublie pas. Le temps peut passer, le sentiment  moulé aux  ressentis et aux perceptions lance un appel pressant à notre mémoire émotionnelle :
" Mais où donc ai-je déjà vu ça pour éprouver avec autant d'intensité ce que j'éprouve?"

 

Je  cherche encore et chercherai longtemps pour finir par me dire que tout ne s'expliquant pas, rien ne sert de farfouiller dans mes mouvements internes pour saisir ce qui m'a mis en joie dans l'exposition  de Benedetta Segala et Mohd Shafarin Ghani, dimanche  soir.
À l'heure où la plupart se cale devant leur écran plat, je poussais la porte de l’ESPACE PROVISOIRE de notre village. Un luxe me disais-je !
La lumière m'avait attirée comme l'insecte peut l'être.
Car je passais de la fraîcheur d'une soirée d'automne aux confins d'un monde de couleurs d'abord chatoyantes, chaudes, ensuite.
La  complémentarité du travail de Benedetta Ségala avec celui de Mohd Shafarin Ghani me rendaient heureuse sans bien comprendre pourquoi.
Un face à face de fantaisie et de gravité...
Un travail qui allait de soi... Des magiciens du pinceau...

 

Je cherchais du côté de cette onde légère la couleur d'un parfum discret et raffiné que le jaillissement du travail de Benedetta  par le plaisir de la vue, me faisait éprouver.
Attirée comme l'abeille par le nectar, je butinais, autour de lui, déjà amoureuse de l'œuvre.
Je lâchais Shafarin un instant consciente qu'il complétait un mystére que je voulais saisir.

 

De la joie, cette émotion profonde, agrėable, sereine qui, on ne sait pourquoi sur le moment, repose la vue comme le désert, nos pensées.
Non pas  une simple  bouffée  d'oxygène, non! non!
Ça passe directement de l'oeil au cerveau , transmettant sans retenue une information claire: "ce que tu perçois ,vient activer ton centre du plaisir".

 

Alors quoi?  le travail de Benedetta me faisait-il plaisir?
Oui,on peut dire ça comme ça, d'abord par les couleurs, puis la plénitude du trait qui les relève, un coup de crayon d'une maîtrise étonnante occupe l'espace de la feuille et ne l'encombre pas, nous obligeant  avec elle de poser notre regard vers le haut pour ressentir la légèreté, que l'oiseau fuyant vers la canopée nous enseigne.
Donc, le plaisir de la vie par celui de la vue?
Oui en quelque sorte.
Mais aussi...
D'en haut c'est beau, voici ce qu'entend en écho celui qui pose son regard sur le sien.
Mais qui dit que la beauté est chose simple?
 Les choses de la vie dans toute leur richesse, celle toute épicurienne qui nous apprend que prendre de la hauteur n'est pas un plus sur les autres mais un plus sur la compréhension de la complexité de la vie, voilà me disais-je ce que cet éclat vivifiant nous transmet. On en a plein les yeux aussi simple que ça et pourtant on ne sait toujours pas pourquoi tant de joie face à tant de beauté.
Cette fragilité dans l'harmonie sans faute des couleurs et des traits appelle en nous une question : y a t-il de l'ambition  dans le travail de Benedetta au point de  nous obliger à  prendre de la hauteur avec notre regard fuyant sur la cime des arbres?
Non . Ma réponse est non.
Là, est l'extraordinaire tour de force de ce travail
De cette merveilleuse alchimie des couleurs et du trait naît une composition mouvante.
La vie ça bouge nécessairement par le plaisir et son contraire, explosive et instable .
Là est son caractère : le charme, grâce à cette fragilité en quête d'équilibre. La vie quoi!
Voilà pourquoi cette légèreté, voilà pourquoi ce raffinement, cette délicatesse enfantine  mais surtout voilà pourquoi cette force. Réduire  à une simplicité fragile, légère, belle et forte, l'enchevêtrement de la vie, voilà à quoi Benedetta nous invite  : un regard vers le haut, une liberté retrouvée.
Une simplicité unique.
Cette peinture est avant tout une écriture fine, inattendue, audacieuse, une féminité affleurant au bout de ses couleurs, au contour de ses traits communique avec effronterie mais humilité, avec magie mais maîtrise ce que la vie donne de sensible.
Devons -nous nous mettre aux pieds de cette œuvre comme on se mettrait à ceux d'une Madone et lever notre regard vers elle?
Non, je vous l'ai dit, il n'y a pas d'ambition dans ce travail.
De la hauteur oui

 

De l'audace aussi pour notre grand plaisir
C'est ça : à la fois les couleurs qui nous entraînent vers un univers gracile,  et le trait qui impose  à notre regard un point de vue peu commun.
Je me suis laissée prendre au jeu du plaisir et parce que je sais que derrière lui se cache un mystère, je suis partie à sa rencontre.
Voyez, dis cette œuvre comme il est simple de vivre mais que personne ne prenne pour argent comptant cette simplicité . Elle devrait demeurer en nous mais derrière chaque éclat de couleur se cache une complexité comme la bulle de plaisir peut cacher le désenchantement.
Benedetta a compris cela et sur un support lisse, son pinceau nous convoque vers ce palais de rêves que la réalité peut faire échouer pour le meilleur et pour le pire à moins d'élever, nous aussi, notre regard vers le haut.
Du recul, dites -vous?
 Exactement, du recul.
Il y a donc du plaisir et du rêve.
Oui, bien sûr, aussi simple que ça.
Avec du recul sur les choses?
Oui .
Avec une liberté conquise, une  alchimie rėduisant  la complexité de la vie... à des feuillets poétiques.
Un poème à la vie .
Gigantesque, belle mais vulnérable, l'Himalaya reste à notre portée ..
Vous appelez ça comment vous?
Moi ?
De l'Art.

 

Que fait Mohd Shafarin Ghani ?
Il entre dans une vision joyeuse, un résultat de  porcelaine où le faux pas peut être fatal. Alors dans sa démarche d'accompagner l'œuvre de Benedetta Ségala, il complète d'une touche dense, rigoureuse,compacte cette richesse qui lui fait face.  Un clin d’œil aux merveilleux bruns de Rembrandt, sur lesquels le regard se repose .

 


" O
Si tu étais arbre
tes paroles les feuilles
tes mains les branches
toujours plus haut."

 

Muniam Al Faker. Sans titre.
Retraite d'un cœur. L'Harmattan 1998.

 


Mirabeau le,24/11/2012

 

Lilou.